Un sol vivant
Cette année encore une fois la nature est en avance sur son temps. Nos engrais vert semés à l’automne n’attendront pas le mois de mai. Les semis sont déjà aussi hauts que la vigne, le mulch et
les broyages vont être intéressants.
Notre itinéraire technique est le suivant : après avoir réalisé un semis d’engrais vert tous les rangs cet automne nous avons choisi de re-semer un rang sur 2 au printemps. Dans le rang de
re-semis nous avons broyé les engrais vert, dans l’autre nous avons muché au rouleau plein.
Le broyage permet de libérer rapidement les éléments présents dans les engrais vert. Le mulch apporte lui une libération plus progressive des éléments (moins de perte de matière organique,
maintien du système racinaire).
![]() |
![]() |
Re-semis de printemps
En agriculture biologique, un sol nu est un sol mort.
Non seulement, la vie des micro-organismes est inexistante (absence d’humidité, sol sec, peu d’échanges possible avec la vigne. Le peu de matière organique directement assimilable est perdu par
évaporation ou par lessivage. La matière organique plus complexe, va rester fossilisée dans le sol, car les micro-organisme ne sont plus la pour la dégrader.
Il est donc vital de chouchouter les micro-organismes du sol. Pour cela on veille à maintenir des conditions du milieu (température,humidité, forte densité des semis, rapport C/N des semences)
favorable au développement de cette vie microbienne.
Le but premier en agriculture biologique consiste à travailler avec les micro-organismes. Pour que ces derniers puissent vivre, échanger, protéger la vigne il leur faut un minimum d’humidité. La
mise en place d’un couvert végétal dans l’entre rang permet des conditions de vie adéquates pour la vie microbienne de surface (0 à 5 cm) Le re-semis nous permet d’apporter encore un peu
plus de biodiversité avec de nouvelles semences (moha, moutarde, sarrasin, phacélie…). De plus, nous utilisons du charbon de bois qui permet à la fois de retenir l’humidité et un bon brassage des
graines dans le semoir.
|
|
Le charbon de bois est utilisé depuis longtemps pour son action purificatrice et assainissante. En outre, le charbon de bois est efficace pour éviter la fonte des semis. Dans le sol il a une
action régulatrice en stockant des éléments nutritifs
Le charbon de bois comme tous les matériaux poreux est d’une aide précieuse pour les micro-organismes du sol. Une fois ensemencé, il a la propriété de conserver un taux d’humidité entre 10 et 40
% ce qui est parfait pour les micro-organismes. Il sert de support aux micro-organismes, qui se stockent dans les cavités poreuses.
Etant composé essentiellement de carbone, le charbon de bois est utilisé avec parcimonie pour ne pas créer de faim d’azote.
|
|
L’étape délicate consiste à réduire le charbon de bois grossier (entre 3 et 5 cm) en un charbon plus fin (0,2 à 0,5 cm).
Cette opération a pour but d’amplifier la surface poreuse et de rendre absorbable les liquides.
Nous utilisons pour cela la concasseuse, broyeuse familiale ancestrale qui servait jusqu’à présent à concasser les panouilles de mais pour les poussins et les cannetons notamment. Les
conditions de travail sont un peu difficile avec la poussière de charbon qui se dégage mais le résultat est à la hauteur de nos espérances.
La meilleure utilisation du charbon de bois consiste à l’ensemencer en micro-organismes avant de l’épandre.
Le charbon de bois est placé dans des bidons hermétiques (indispensable pour les micro-organismes anaérobies) On arrose le charbon de bois de micro-organismes (environ 20 L de micro-organismes
pour 80 L de charbon de bois). Au bout de 3 à 4 heures le charbon de bois a absorbé les micro-organismes dans ses cavités, on peut alors l’épandre.
|
|
Ici nous avons fait fermenté des bactéries anaérobies, suivant un protocole rigoureux (qualité de l’eau, qualité des matières premières, absence de chlore, constance des températures, pièce
isolée, suivi de la fermentation).
Le produit fini est un foisonnement de micro-organismes anaérobies.
Lors du re-semis, le charbon de bois ensemencé en micro-organisme est mélangé avec les semences et il est épandu en un seul passage.
Faune et flore
Même les légumineuses en fleur (féveroles, pois, vesce ) attirent de nombreux pollinisateurs.
|
|
Plusieurs stades d’évolution de la coccinelle dans les vignes...
|
1er stade : stade larvaire |
2ème stade : stade de nymphe |
3ème stade : stade coccinelle |
En traitement des maladies cryptogamiques (mildiou et oïdium) nous utilisons tout naturellement les plantes compagnes récoltées sur la propriété :
Camomille, ortie, consoude de russie, prêle.
Ces plantes sont mises à infuser ou à macérer pendant les jours favorables du calendrier lunaire.
|
Feuille et fleurs de consoude de russie |
Mélange eau de pluie à 70 °C + feuilles de consoude broyées |
Infusion de la consoude |
Par ces pratiques plus naturelles, nous utilisons beaucoup moins de cuivre et de souffre.
Le souffre un passage juste avant et un passage après la fleur à 6 kg par hectare et le cuivre 100g de cuivre métal pur par traitement soit au total 500g par hectare ( 5 traitements) à ce
jour.
Les traitements ont lieu le matin de bonne heure lorsque la température ne dépasse pas les 25°C et le soleil n‘est pas encore trop haut dans le ciel. Tout ceci va dans le sens d’une
revitalisation des sols, d’une amélioration progressive de la fertilité de nos sols.
C’est cet engagement dans une agriculture plus naturelle, à l’écoute des éco systèmes (macro et micro )et des éléments (lune, soleil, planètes), et non subie qui est fortement enrichissante.
Suivi des vins
Dans le chai à barrique, nous suivons régulièrement l’évolution des fermentations malo lactiques qui sont un peu languissante tellement le millésime 2010 est riche et complexe.
La mise en bouteille du Moelleux 2010 se prépare activement. Au programme dégustation barrique par barrique, puis après sélection des barriques idéales reste le travail de l’assemblage.
A notre disposition pour réaliser l’assemblage final du moelleux, des barriques de Chenin, Sauvignon et Sémillon.
|
|
|


Féverole : système racinaire








